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Programmation du GRITE, organisée en collaboration avec la Chaire conjointe de recherche UOttawa-ULyon sur l’urbain anthropocène

GRITE programme, in collaboration with the UOttawa-ULyon Joint Research Chair on Urban Anthropocene
 

programmation-du-grite-hiver-2021


 

 

 

 



 





 


(Éco)tourisme comme mégaprojet extractiviste:
le cas de Ile-à-Vache (Haïti)

Événement Facebook 
https://www.facebook.com/events/165477292040343/

11 février 2021 - 10h-12h
 

L'équipe du GRITE a le grand plaisir de vous convier à son premier événement de 2021 avec une présentation de Walner Osna, doctorant en sociologie à l'Université d'Ottawa, qui discutera le caractère extractiviste du projet (éco)touristique Destination Ile-à-Vache à Haïti.
La conférence est co-organisée avec la Chaire conjointe de recherche UOttawa-ULyon sur l’urbain anthropocène et l'École des études sociologiques et anthropologiques dans le cadre de la Semaine de sociologie et d'anthropologie de l'Université d'Ottawa. La présentation sera faite en français, suivie d'une période d'échanges bilingues. Il sera possible d'y participer via Zoom (écrire à grite@uottawa.ca pour recevoir le lien) ou en direct de Facebook.
GRITE is pleased to invite you to its first event of 2021 with a presentation by Walner Osna, doctoral student in sociology at the University of Ottawa, who will discuss the extractivist nature of the (eco) tourism project Destination Ile-à-Vache in Haiti.
The conference is co-organized with the UOttawa-ULyon Joint Research Chair on Urban Anthropocene and the School of Sociological and Anthropological Studies as part of the Sociology and Anthropology Week of the University. The presentation will be in French, followed by a bilingual Q&A. Participation is available through Zoom (RSVP grite@uottawa.ca) or Facebook live.

Cette communication vise à montrer que le projet gouvernemental Destination Ile-à-Vache de l’administration Martelly/Lamothe qui se prétend (éco)touristique est en dehors de toute démarche écotouristique. En d’autres termes, la mise en œuvre à Ile-à-Vache (Haïti) de ce projet dit (éco)touristique est plutôt contradictoire aux fondements théoriques de l’écotourisme. Ainsi, nous l’avons considéré comme un mégaprojet au sens de Gellert et Lynch (2003). Pour paraphraser Christian Chaboud et al. (2004), nous disons qu’il existe un grand écart entre le « modèle vertueux » promu par le gouvernement et le « modèle réel » qui se fait concrètement sur l’ile. À partir d’une enquête de terrain qualitative menée à Ile-à-Vache entre décembre 2019 et janvier 2020, nous considérons trois grands aspects incontournables à tout projet qui se veut réellement écotouristique pour argumenter cette contradiction entre la prétention écotouristique et l’exécution du projet. D’abord, notre premier argument porte sur l’exclusion de la population locale dans le projet qui s’exprime à travers une absence totale de participation locale, alors que cette dernière devait être indissociable du processus (Lequin, 2001). Ensuite, il s’agira de montrer que les impacts socio-environnementaux du projet questionnent également le « souci » (éco)touristique de celui-ci puisque nos observations nous ont montrés que depuis le début sa mise en application le projet représentait plutôt une menace pour l’environnement. Finalement, nous avons découvert que ce projet gouvernemental a fragilisé les conditions socioéconomiques des paysans/paysannes sur l’ile au lieu d’y apporter une amélioration comme un des objectifs théoriques de l’écotourisme (Lequin, 2003).
 
Walner Osna a fait ses études de premier cycle en sociologie à Faculté des sciences humaines de l’Université d’État d’Haïti (2009-2013). Il a poursuivi ses études supérieures en sociologie à l’Université d’Ottawa où il a fait une maîtrise en sociologie (2018-2020). Il est actuellement étudiant au doctorat en sociologie à la même université. Il a bonne expérience organisationnelle et de militance. Il milite au sein des organisations haïtiennes comme le Cercle d’étude en littérature gramscienne (CELG) depuis 2009 et le Groupe de recherche et d’appui au développement des collectivités territoriales (GRAD) depuis 2011. Il a travaillé à l’Institut culturel Karl Levêque de 2015 à 2018 principalement dans le programme de formation et de renforcement organisationnel de l’institution. Il est actuellement président de l’Association étudiante de cycles supérieurs en sociologie et anthropologie (AÉCSSA) de l’Université d’Ottawa et aussi membre du Collectif de recherche sur les migrations et les racismes (COMIR). Ses préoccupations de recherches portent sur les théories décoloniales, les mouvements sociaux et l’État, les mégaprojets et l’extractivisme.


 

ecotourisme-comme-megaprojet-extractiviste-le-cas-de-ile-a-vache-haiti

 

 


Le GRITE est présent sur les médias sociaux! 

GRITE is now on Twitter and IG!

Ellyn Duke-Watson, CSL placement student, developed GRITE has presence on social networks over the semestre. We invite you to visit our new accounts and add GRITE to your networks. Ellyn Duke-Watson une étudiante en placement CSL, a créé de nouveaux comptes sur les réseaux sociaux pour le GRITE. Suivez-nous! 

Site web / Website https://www.griteuottawa.ca/
Facebook  https://www.facebook.com/GRITEuOttawa
Twitter @UOttawaGRITE
Instagram @griteuottawa

 



Video and summary of "State-led Efforts to Reduce Environmental Impacts of Artisanal and Small-Scale Mining in Tanzania: Implications for Fulfilment of the Sustainable Development Goals"

[English only]
Text by Michela Del Rio, CSL placement with GRITE,  Fall semestre. 
 
Dear GRITE members and colleagues, 

We are delighted to announce the success of our first Brown Bag Session on Zoom with a presentation by Dr. Chris Huggins in collaboration with Dr. Abel Kinyondo for this 2020-2021 session. The presentation State-led Efforts to Reduce Environmental Impacts of Artisanal and Small-Scale Mining in Tanzania: Implications for Fulfilment of the Sustainable Development Goals took place on Monday November 16, 2020. Those of you who were unable to attend or wish to refer back to the research will be able to find both a short summary and a PDF of the PowerPoint for the presentation.

 
Watch the conference here.  

Overview of presentation

Dr. Chris Huggins and Dr. Abel Kinyondo’s presentation focused on the state-led efforts of Tanzania to reduce the environmental impacts of artisanal and small-scale mining (ASM), and how these efforts are implicated in the fulfilment of the Sustainable Development Goals (SDGs). The research questions sought to answer whether the current regulatory and institutional context in Tanzania enables the environmental management of ASM sites as well as the opportunities that exist to improve the environmental management through formalization, and how might these efforts align with the SDGs. 
 Formalization of ASM attempts to transition the ASM sector from extra-legal to legal status and may involve specific technological changes and transformations in the production process. The presentation outlines the environmental impacts of ASM including land degradation, deforestation, improperly reclaimed mine sites, water pollution, air pollution and noise pollution. Environmental impacts of ASM often include public health and environmental health impacts. 
The presentation highlights the lack of addressing ASM in the SDGs and how Tanzania’s approach to the SDGs lacks scope with ASM. Following this, the environmental regulation of the ASM sector in Tanzania is discussed, specifically highlighting the lack of regulation in this sector. Subsequently, the presentation outlines the challenges of implementing ASM within the mining sector of Tanzania. The authors draw conclusions on the linkages between formalization and improved environmental protection. Recommendations by Professor Huggins and Professor Kinyondo are put forward such as better promotion and monitoring of environmentally sustainable practices within ASM that suggest various policy and regulatory changes to better address ASM needs within the SDGs.

 

Appel à propositions / Call for proposals. Manifeste Mondial Anthropocène // World Anthropocene Manifesto

Bonjour, nous vous serions très reconnaissants de bien vouloir diffuser cette annonce aux étudiants/étudiantes et collègues pertinents. En vous remerciant d’avance.
 
Dear all, we would be very grateful if you could share this announcement with your students and relevant colleagues. Thank you!
 

La Chaire conjointe de recherche UOttawa-ULyon sur l’urbain anthropocène a le plaisir de vous transmettre cet appel à propositions qui est le fruit d’une initiative de notre partenaire à Lyon et qui vous invite à participer au Manifeste Mondial Anthropocène, organisé par l’École urbaine de Lyon.
 
The Joint Research Chair UOttawa-ULyon on Urban Anthropocene is pleased to send you this call for proposals which is the result of an initiative of our partner in Lyon inviting you to participate in the World Anthropocene Manifesto, organized by the Lyon Urban School.

 
Pour Vincent Mirza - Directeur / Director
Marie-Dominik Langlois
Chaire conjointe de recherche UOttawa-ULyon sur l’urbain anthropocène
Joint Research Chair UOttawa-ULyon on Urban Anthropocene Urbain
urbain.anthropocene@uottawa.ca
…………………
English belows
APPEL À PROPOSITIONS
MANIFESTE MONDIAL ANTHROPOCÈNE
Du 26 novembre 2020 au 31 décembre 2020
Que dit le monde à la planète ?
De la critique à la proposition
« Témoignez, protestez, proposez, donnez la parole »
Une lettre ouverte et une invitation mondiale
Pour un manifeste aux valeurs humaines et non humaines
Pour la première fois, l'Ecole urbaine de Lyon lance un appel à contributions pour initier une conversation mondiale horizontale et constituer un Manifeste Mondial Anthropocène, le 29 Janvier 2021, où les contributions en vidéo formeront une œuvre collective.

Nous sommes entrés dans l’anthropocène. Nous sommes anthropocènes. Nous sommes la communauté terrestre. Nous vivons ensemble le dérèglement climatique, l’acidification des océans, l’élévation des mers, l’extinction des espèces, les pandémies, les famines, la pollution des sols, les incendies, les migrations, les inondations, les sècheresses, l’urbanisation généralisée, les inégalités sociales… La liste est longue. Nous ne maitrisons plus nos effets. Tout change autour de nous. Et qu’on le veuille ou non, nous explorons nos propres vies et nos environnements.

Depuis nos environnements proches, nos quotidiens, nos vies, qu’avons-nous envie d’exprimer ? Qu’est-ce qui heurte notre conscience morale et notre sentiment de justice ? Qu’est ce qui nous met en colère ou en joie ? Et quelles sont nos idées et nos intentions pour changer la donne ? Nous sentons-nous Terriens ?

Prenons la parole, donnons la parole et engageons le dialogue. Il est temps de faire connaitre ce qui compte pour nous : la musique, les corps, l’individuel, le collectif, les déchets, les sens, les envies, les contes, les plantes, les fjords, les virus, les animaux, les pierres, les fantômes… Nous avons tous des pistes, des idées, des objets, des actions. Seules, elles semblent anecdotiques mais ensemble elles s’articulent, se nourrissent, se diffusent.

POURQUOI? Pour constituer les bases d’un engagement vivant de tous les âges. Pour initier une conversation mondiale. Pour mobiliser un réseau et nourrir les imaginaires. Pour interroger les possibles. Pour poser les bases d’un manifeste horizontal qui rassemble des paroles locales. Un témoignage pour les générations futures.

COMMENT? Dès à présent, envoyez une vidéo de 3 minutes maximum sous la forme d’une prise de parole, d’une lecture sensible, d’une simple image, depuis votre lieu terrien et au-delà.
Téléchargez le mode d’emploi
 
POUR QUAND? Publiez et envoyez vos vidéos avant le 31 décembre 2020 pour participer au premier Manifeste Mondial Anthropocène, le 29 Janvier 2021, où toutes les vidéos formeront une œuvre collective en mouvement.
PARTICIPEZ AU CHANTIER OUVERT !
Coordination générale du Manifeste : Jérémy Cheval, Coordinateur Pôle formation Ecole urbaine de Lyon. Pour plus d’information (anglais-français) manifeste.anthropoceneAEA21@universite-lyon.fr
REJOIGNEZ LE GROUPE FACEBOOK


Call for proposals: WORLD ANTHROPOCENE MANIFESTO
From November 26, 2020 until December 31, 2020
Call for proposals: An open letter and a worldwide invitation
For a manifesto with human and non-human values
What does the world say to the planet? "Witness, protest, propose, give voice". 
From criticism to proposal


We have entered the anthropocene. We are anthropocene. We are the earthly community. We are living together the climate change, the ocean acidification, the sea level rise, the species extinction, the pandemics, the famines, the soil pollution, the fires spread, the migrations, the floods, the droughts, the generalized urbanization, the social inequalities... The list is infinite. We no longer control our effects. Everything around us is shifting. And whether we like it or not, we are newly exploring our own lives and environments.

From our close environments, our daily practices, our lives, what do we want to express ? What is offending our moral conscience and our sense of justice? What makes us angry or happy ? What are our ideas and intentions to change the situation ? Do we feel like Earthlings ?

Let us speak up, give our word and engage in dialogues. It's time to let people know what matters to us : music, bodies, individual, collective, waste, senses, desires, tales, plants, fjords, viruses, animals, stones, ghosts... We all have creative leads, ideas, objects, actions. Alone, they seem anecdotal, but together they articulate, feed and spread.

WHY? To form the basis of a living commitment of all ages. To initiate a world conversation. To mobilize a network and feed collective imagination. To question the possible. To lay the foundations for a horizontal manifesto that brings together local words. To testify for future generations.

HOW? From now on, send a video of 3 minutes maximum in the form of a speech, a sensitive reading, a simple image, from your territory and beyond.
Instructions for use here

WHEN? Publish and submit your videos before December 31, 2020 to participate in the first World Anthropocene Manifesto, online in January 29, 2021, where all videos will form a collective work in motion.

PARTICIPATE IN THE OPEN WORKSHOP!
For more information (English-French) manifeste.anthropoceneAEA21@universite-lyon.fr

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Outre une évaluation générale, la relecture critique d’un article comprend une appréciation plus technique (contenu scientifique, structure, concordance du titre et du texte, illustrations, tableaux, documents, etc.).
Le texte est soumis à évaluation sans mention du nom de l’auteur et les avis des évaluateurs sont transmis à l’auteur sans que soit précisé le nom de ces derniers. La version corrigée sera relue par les responsables du dossier avant sa mise en ligne.
La procédure d’évaluation est une procédure en double aveugle. Les articles font donc l’objet d’une évaluation par deux lecteurs identifiés par le comité de rédaction et/ou les coordinateurs du dossier parmi les collègues français et étrangers spécialistes du thème ou de l’espace auquel se réfère l’article. En cas d’évaluations divergentes, un troisième évaluateur peut être mobilisé. L’identité des auteurs et celle des évaluateurs n’est pas communiquée.
Procédure d'évaluation
Nasser Rebaï est chercheur associé à PRODIG, Mathilde Allain est chercheuse à l’IHEAL.
sont disponibles en ligne.pour une publication début 2022. Les instructions pour les auteur.e.s 
au plus tard pour le 16 avril 2021
)nass.reb@hotmail.fr) et Nasser Rebaï (mathilde.allain27@gmail.comLes propositions sont à envoyer à la coordination du numéro, Mathilde Allain (
Les articles proposés pourront répondre à plusieurs axes proposés. Les textes proposant des comparaisons sont encouragés.

Modalités de soumission
La production scientifique sur les mobilisations sociales face aux grands projets (barrages hydroélectriques, mines à ciel ouvert, fermes géantes, etc.) est riche et a d’ailleurs contribué à la visibilité de ces luttes socio-environnementales. Or, les acteurs sociaux des campagnes des Suds agissent souvent dans des situations de contraintes : autoritarisme, difficultés sociales et économiques, marginalisation culturelle et/ou de genre, etc. Les formes de résistance sont donc multiples et ne passent pas toujours par des actions collectives visibles (Siméant, 2013 ; Geoffray, 2011). Nous invitons donc les auteurs à réfléchir à l’imbrication de la sociologie de l’action collective avec les études portant sur les résistances ordinaires et quotidiennes (Scott, 1985).
Résistances et actions collectives en contexte de contrainte
On connait mieux les grandes coalitions d’acteurs qui défendent les espaces naturels, les espèces en voie de disparition ou encore les forêts et les écosystèmes fragiles. Mais qu’en est-il des mobilisations d’acteurs des mondes ruraux, comment appréhendent-ils les enjeux environnementaux ? Comment les reformulent-ils et dans quelle mesure ces derniers sont-ils liés à une certaine idée qu’ils se font de leurs territoires ? Alors que des mouvements paysans puissants se sont structurés ces dernières années pour s’opposer au modèle libéral de développement qui s’est imposé dans les Suds (Borras Jr. et al., 2018), il sera intéressant d’évaluer dans quelle mesure ces mouvements ont pu donner lieu à la mise en place de résistances locales structurées autour de la défense de ressources naturelles. Les analyses pourront d’une part se centrer sur le rôle des ONG et des mouvements activistes qui contribuent à renforcer les groupes paysans dans leurs stratégies de résistance territoriale ainsi que sur les travaux développés sur le thème de la justice environnementale dans les Suds (Martinez Alier, 2014, Farthing et Fabricant, 2018). D’autre part, des travaux sur les inégalités environnementales et les souffrances environnementales (Auyero et Swistun, 2009) en zones rurales seront particulièrement bienvenus.
Enjeux environnementaux comme leviers de résistance
Les luttes autour des enjeux territoriaux sous-entendent la construction de causes communes, d’objets de revendications, de discours et de liens entre les acteurs. Il s’agit ainsi d’appréhender la construction des sentiments d’appartenance tant au groupe qu’au territoire, d’en saisir le lent processus et ses évolutions dans le temps. Les travaux proposés pourront dès lors se focaliser sur le lien entre les processus de résistance et la structuration de collectifs de défense d’identités et porteurs de projets de territoires (Raimbert et Rebaï, 2017). Mais, à l’inverse, ils pourront s’intéresser aux facteurs limitant les résistances, ainsi qu’aux conflits internes qui peuvent émerger au sein d’un même mouvement et le conduire dans une impasse.
Trajectoires sociohistoriques des luttes : entre constructions d’identités, projets de territoires et… impasses
Les coordinateurs invitent les auteurs à proposer des réflexions s’articulant autour des trois axes suivants :
Le numéro thématique souhaite mettre en avant des recherches abouties ou en cours sur des terrains des Suds, et qui s’interrogent sur les processus de résistance territoriale et leurs évolutions historiques. Les propositions de chercheur.se.s qui souhaitent discuter d’outils conceptuels permettant de rendre compte des divers types de résistance et de leurs spécificités dans les campagnes des Suds seront également bienvenues. Enfin, une attention particulière sera accordée aux travaux s’intéressant à d’autres processus de résistance, plus ancrés dans le quotidien, dans les pratiques même des populations paysannes, rurales et dans la transformation de leur rapport à leur espace de vie.
Plusieurs questions pourront structurer le débat : comment les résistances prennent-elles forme selon les territoires ? Quel est l’objet des luttes et comment se construisent leurs causes ? Quel est le rapport des populations rurales aux enjeux environnementaux, et comment ces enjeux sont-ils cadrés ? Comment différents collectifs parviennent-ils à développer des résistances dans des contextes de contraintes politiques, sociales, économiques ? Comment des acteurs dominés expriment-ils leurs désaccords ? Enfin, comment les formes de (ré)appropriation de l’espace et de ses ressources se concrétisent-elles ?
Le numéro thématique proposé envisage donc d’interroger et de comparer ces différentes formes de résistance territoriale dans les régions rurales des pays des Suds. Si la notion de territoire renvoie à l’appropriation de l’espace, l’objectif sera alors d’analyser comment les luttes sociales acquièrent une dimension spatiale, en proposant des analyses à des échelles variées. Elles pourront mettre en évidence aussi bien les processus de résistance territoriale de petits groupes revendiquant des droits sur une parcelle de terre, que ceux d’organisations pouvant construire des projets politiques à la portée spatiale plus vaste. Il s’agira d’accorder une attention particulière aux stratégies mises en place par les populations pour accéder à une ressource ou un ensemble de ressources, comme cela s’est vu en Tunisie où, ces dernières années, la population rurale s’est mobilisée pour se réapproprier des biens fonciers (Fautras, 2015 ; Gana et Taleb, 2019) et remettre en cause l’inertie d’une dualisme agraire hérité de la période coloniale. Les textes soumis pourront également s’intéresser à la manière dont les populations rurales font appel à leur mémoire collective (Riaux et al., 2015 ; Allain, 2020) afin de produire un discours ayant pour but de légitimer l’appropriation de portions de terres et de ressources visant à renforcer leur ancrage territorial et la défense de leur identité (Guérin-Pace, 2006). Par ailleurs, les travaux pourront porter sur la transnationalisation des luttes et l’émergence de réseaux de solidarité entre différents groupes qui contribuent à augmenter la visibilité médiatique de leurs revendications (Thivet, 2014 ; Claeys et al., 2017).
Qu’il s’agisse d’oppositions à l’industrie minière, de manifestations contre l’agro-industrie, d’actions collectives contre l’installation de mégaprojets, ou de la défense d’espaces de vie et de paysages marqueurs d’identités singulières, les campagnes des pays des Suds sont le théâtre de formes variées de résistance territoriale (Guerin-Pace et Mesclier, 2016 ; Gana et al., 2019). Au cours des dernières décennies, ces processus de résistance ont vu leur ampleur renouvelée dans un contexte de libéralisation de l’action publique (Mayaux et Surel, 2010) et de dégradations environnementales causées par l’accentuation des modèles capitalistes de développement rural et agricole. C’est dans ce contexte qu’en Amérique latine la résistance paysanne a pris un « tournant éco territorial » (Svampa, 2011), ou qu’au sud de la Méditerranée, comme en Tunisie, des groupes ruraux se sont organisés pour faire valoir leurs droits sur des ressources et résister à la violence d’un État corrompu et autoritaire (Gana, 2013), en marquant ainsi le début du « printemps arabe ».
Argumentaire
ANNONCE
interrogera différentes formes de résistance territoriale dans les régions rurales des pays des Suds. L’objectif sera d’analyser comment les luttes sociales acquièrent une dimension spatiale, en proposant des analyses à des échelles variées. Trois axes de réflexion sont proposés : trajectoires sociohistoriques des luttes, entre constructions d’identités, projets de territoires et… impasses ; enjeux environnementaux comme leviers de résistance ; résistances et actions collectives en contexte de contrainte.Cahiers d’Outre-Mer Ce numéro thématique des 
RÉSUMÉ
Publié le mardi 24 novembre 2020 par Céline Guilleux
*  *  *
Cahiers d'Outre-Mer
Territorial Resistances in the Southern rural areas
Résistances territoriales dans les campagnes des Suds
APPEL À COMMUNICATIONS
Écouter le podcast en ligne ici. 

, EVS-UMR 5600 – Université Jean Moulin Lyon 3.Isabelle MichalletAnimation : 

* Le Collegium de Lyon est un Institut d’Etudes Avancées inscrit dans l’Université de Lyon, membre des réseaux français et européens des IEA. Il accueille des chercheurs habituellement en poste à l’étranger pour mener leur projet de recherche innovant pendant cinq à dix mois.
résidente 2020-21 du Collegium de Lyon *, politologue, professeure et chercheuse au Centro de Investigaciones y Estudios Superiores en Antropología Social de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, dans le Sud du Mexique.- Edith Kauffer, 
Avec :

La notion de « politique » permet d’explorer les conflits autour de l’extraction des sédiments, elle facilite aussi la compréhension du rôle des acteurs politiques à toutes les échelles territoriales. Un exercice que fait Edith Kauffer, à partir des sédiments du fleuve Usumacinta, qui forme la frontière entre le Mexique et le Guatemala.
Comment le politique permet-il d'explorer les conflits nés autour de l'extraction ? Ecoutez la politologue Edith Kauffer, résidente 2020-21 du Collegium de Lyon, interrogée, dans le cadre des Mercredis de l'Anthropocène, par la juriste Isabelle Michallet, au sujet de son travail mené à partir des sédiments du fleuve Usumacinta qui forme la frontière entre le Mexique et le Guatemala.
Le 9 décembre 2020. Dans le cadre des Mercredis de l'Anthropocène - Saison 4. Créés et mis en oeuvre par l'Ecole urbaine de Lyon. Programmation : Valérie Disdier. En partenariat avec Arty Farty, Hôtel71 et Rue89 Lyon

Voir le site web original du podcast. 
Podcast. Exporer les conflits nés de l'extraction

La fiche d’évaluation est consultable via le lien ci-dessous.
Références
Allain, M., 2020, à paraître. « Cultiver “la résistance” dans les campagnes colombiennes : comment le quotidien devient politique ». Actes de la recherche en sciences sociales, 235.
Auyero, J., Swistun, D., 2009. Flammable : Environmental Suffering in Argentine Shantytown. Oxford, New York : Oxford University Press.
Claeys, P., D., Delgado Pugley, 2017. “Peasant and indigenous transnational social movements engaging with climate justice”. Canadian Journal of Development Studies, 38, 3, 325-340, https://doi.org/10.1080/02255189.2016.1235018
Farthing, L., and Fabricant, N., 2018. “Open Veins Revisited : Charting the Social, Economic, and Political Contours of the New Extractivism in Latin America”. Latin American Perspectives, 45, 5, 4–17, https://doi.org/10.1177/0094582X18785882
Fautras, M., 2015, « Injustices foncières, contestations et mobilisations collectives dans les espaces ruraux de Sidi Bouzid (Tunisie) : aux racines de la « révolution » ? ». Justice spatiale, Spatial Justice, 7 : http://www.jssj.org
Gana, A., 2013, « The Rural and Agricultural Roots of the Tunisian Revolution : When Food Security Matters ». International Journal of Sociology of Agriculture and Food, 19, 2, 201-213
Gana, A., Mesclier, E., Rebaï, N. (éds.), 2019, Agricultures familiales et territoires dans les Suds, Karthala/IRMC, Paris/Tunis.
Gana, A., Taleb, M., 2019, « Mobilisations foncières en Tunisie : révélateur des paradoxes de l’après « révolution ». Confluences Méditerranée, 108, 1, 31-46.
Geoffray M.L., 2011. « Étudier la contestation en contexte autoritaire : le cas cubain ». Politix, 93, 1, 29-45.
Guérin-Pace, F., 2006 « Sentiment d’appartenance et territoires identitaires ». L’Espace géographique, 35, 4, 298-308. DOI : 10.3917/eg.354.0298.
Guérin-Pace, F., Mesclier, E. (coord.), 2016. Territoires et mobilisations contemporaines : regards sur un phénomène planétaire, Paris, Karthala/CIST.
Martínez Alier, J., 2014. L’écologisme des pauvres. Une étude des conflits environnementaux dans le monde, Paris, Les Petits matins.
Mayaux P.L, Surel Y., 2010, « Amérique latine : les réformes de marché en question ». Revue internationale de politique comparée, 17, 3, 7-22.
Borra, S., Moreda, T., Alonso-Fradejas, A., Brent Z.W., 2018. “Converging social justice issues and movements : implications for political actions and research”. Third World Quarterly, 39, 7, 1227-1246, DOI : 10.1080/01436597.2018.1491301
Raimbert, C., Rebaï, N., 2017. « Collectifs et développement durable des territoires ruraux en Amérique latine ». EchoGéo, 42, DOI : https://doi.org/10.4000/echogeo.15131
Riaux, J., Giraldi, M., Nouri, H., 2015. « Quand l’histoire orale s’invite dans la gestion de l’eau. L’espace irrigué de Kerma (Tunisie) ». Espaces et sociétés, 160-161, 155-172. DOI : 10.3917/esp.160.0155.
Scott, J., 1985. Weapons of the Weak, Everyday forms of Peasant Resistance, Yale University Press, New Haven and London.
Siméant J., 2013, « Protester/mobiliser/ne pas consentir. Sur quelques avatars de la sociologie des mobilisations appliquée au continent africain », Revue internationale de politique comparée, 20, 2, 125-143.
Svampa, M., 2011, « Néo-développentisme extractiviste, gouvernements et mouvement sociaux en Amérique latine », Problèmes d’Amérique latine, 81, 103-127.
Thivet, D., 2014. « Peasants’ Transnational Mobilization for Food Sovereignty », in C. Counihan, V. Siniscalchi (ed.), Food Activism : Agency, Democracy and Economy, London, New York, Bloomsbury, 193-209.
CATÉGORIES

DATES

  • vendredi 16 avril 2021

FICHIERS ATTACHÉS. 

MOTS-CLÉS. 

  • monde rural, sud, mobilisation, sentiment d’appartenance, résistance territoriale, ressource

CONTACTS

  • Nasser Rebai
    courriel : nass [dot] reb [at] hotmail [dot] fr

  • Mathilde Allain
    courriel : mathilde [dot] allain27 [at] gmail [dot] com

URLS DE RÉFÉRENCE

SOURCE DE L'INFORMATION

  • Sylvain Racaud
    courriel : sylvain [dot] racaud [at] u-bordeaux-montaigne [dot] fr

POUR CITER CETTE ANNONCE
« Résistances territoriales dans les campagnes des Suds », Appel à contribution, Calenda, Publié le mardi 24 novembre 2020, https://calenda.org/816981


Groupe de recherche interdisciplinaire sur les territoires de l'extractivisme (GRITE) 
Interdisciplinary Research Group on Territories of Extractivism (GRITE)
Université d'Ottawa / University of Ottawa
grite@uottawa.ca 
https://www.griteuottawa.ca/
https://www.facebook.com/GRITEuOttawa/ 
https://twitter.com/UOttawaGRITE
https://www.instagram.com/griteuottawa/ 

 

 

 

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