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Hello à toutes et à tous !

On espère que vous allez bien en cette fin de semaine :) Du côté de Daphné Moreau The Label les choses s'accélèrent en ce moment avec nos premiers prototypes qui sont - enfin - arrivés ! On vous montre ça très vite (n'oubliez pas de nous suivre sur Instagram pour ne rien manquer des actus de la marque !).

Aujourd'hui nous allons vous parler du "made in France". On s'est posé la question de savoir si c'est vraiment le critère numéro 1 pour s'inscrire dans une démarche éco-responsable ?

Bonne lecture ! 


L'équipe Daphné Moreau The Label

Le "made in France" est-il le critère numéro 1 pour être éco-responsable ?

Lors de nos différents échanges via cette newsletter ou sur le compte Instagram de notre marque, la question du lieu de fabrication est l'une de celles qui est revenue le plus souvent. C'est tout à fait normal puisque le « made in » est l’information la plus accessible en tant que consommateur.trice, celle présente sur l’étiquette et mentionnée sur la fiche produit d'un vêtement en ligne. Mais, en développant notre projet, nous avons vite découvert que  le pays de fabrication n'était pas le seul critère à prendre en compte pour être éco-responsable, loin de là !

Pourquoi faire fabriquer localement (en Europe à minima) ?

La raison numéro 1 est évidemment la proximité des usines de confection avec les futurs client.e.s de la marque, permettant de limiter au maximum le transport de produits finis sur de longues distances. Faire fabriquer localement permet aussi de travailler avec des ateliers qui respectent les réglementations européennes du travail, bien plus strictes en Europe que dans d’autres régions du monde.

Cependant, suite à notre première expérience du made in France en 2019 avec Les Jupons de Louison (nous avions co-créé 2 robes ensemble) et grâce à nos diverses formations en 2020, nous nous sommes rapidement rendus compte que le lieu de fabrication du produit fini n'était pas le seul élément auquel s'intéresser lorsqu'on souhaite s'inscrire dans une démarche éco-responsable.

70% de l'empreinte carbone d'un vêtement provient de la matière première

Toutes les études s’accordent sur un point : lors de la fabrication d’un vêtement, la phase la plus polluante est celle de fabrication de la matière première.

Selon une étude de l’UIT qui vient d'être publiée, cette phase représente environ 70% de l’empreinte carbone totale de chaque vêtement ! Nous n'aurions jamais imaginé cela ! Veja va dans le même sens et indique que les émissions de CO2 liées à la conception des matières premières utilisées dans leurs produits atteignaient 71% des émissions de CO2 totales émises par l’entreprise en 2019. A titre de comparaison, le transport ne représentait « que » 18% pour Veja en 2019 (et carrément moins de 1% en excluant le transport aérien qu'ils utilisent très ponctuellement).


Le constat est donc très clair : pour réduire l’impact de l’industrie de la mode sur la planète (qui fait partie des industries les plus polluantes), la priorité est de s’attaquer au sujet des matières premières. 

En plus d'avoir fait le choix de faire fabriquer nos pièces localement en Europe (Portugal pour nos premières pièces) nous avons vraiment voulu mettre l'accent sur le choix de matières « green » pour nos collections. Nos premières pièces seront réalisées à partir de lin 100% européen et nous explorons également les pistes de l'upcycling (qui permet de donner une seconde vie à des tissus "dormants", existants mais inexploités et qui finissent souvent incinérés) et des matières recyclées pour nos collections à venir.

Nous testons actuellement la qualité de plusieurs lins auprès de différents fournisseurs, mais ils ont tous un point commun : ils proviennent de champs européens - voire français - et sont tous filés et tissés soit en France, soit en Europe.

A titre d’information, environ 80% du lin européen est exporté en Asie ou en Inde pour être filé dans des usines qui tournent majoritairement à l’énergie fossile avec des réglementations du travail assez laxistes avant de revenir en France pour être tissé, ce qui lui permet de prendre l’appellation « Origine France », laissant croire au client que le tissu n’a pas fait le tour du monde, ce qui est en réalité faux. Nous étions choqués d'apprendre cela quand nous avons commencé à chercher nos fournisseurs !

Le milieu de la mode est malheureusement terriblement opaque et il est actuellement impossible pour un.e consommateur.trice final.e d'avoir accès à la provenance de la matière première d'une pièce, sauf si la marque partage cette information de manière transparente, ce que nous souhaitons faire pour tous nos produits.

Le made in France ne vaut rien sans les bonnes matières

Pour en revenir au made in France, beaucoup de marques n’hésitent pas à mettre en avant la fabrication française de leurs produits pour mettre en avant l’argument écologique. Malheureusement, cela ne suffit pas et certaines de ces marques oublient également volontairement d’indiquer la provenance de leur tissu. Il est donc tout à fait possible de vendre une robe "made in France" en lin dont la fibre a poussé en France, est partie en Asie pour être filée avant de transiter à nouveau vers un pays européen pour être tissée puis de revenir en France sous l'appellation "Origine France". Une hérésie et un sacré voyage que l'on n'imagine pas lorsqu'on achète une pièce "made in France".

Comme vous l’aurez compris, de notre côté, notre volonté est avant tout de trouver des matières respectueuses de l’environnement et des humains. Cette étape n’est pas la plus facile car l'offre est forcément plus réduite, puisque la plupart des marques de mode ne focalisent leur attention que sur le « made in ».

Bien entendu, le lieu de fabrication est un élément qui nous tient fortement à coeur également et nous avons toujours envisagé de faire fabriquer nos pièces en Europe. Nous sommes également en discussion avec des ateliers français en plus de nos relations existantes avec les ateliers portugais qui préparent actuellement les prototypes de nos premières pièces.

Les contraintes du made in France

Malheureusement, faire fabriquer des vêtements en France n'est pas aussi facile qu'on pourrait le penser !

L’industrie française du textile s’est complètement effacée au profit des délocalisations en Asie ces dernières décennies,  en passant de 420 000 salariés en 1990 à 100 000 en 2015. Avec le boom récent du « made in France », la demande excède l’offre, et il est donc difficile de trouver un atelier prêt à travailler en assez grande quantité puisque la plupart des ateliers français ont pour clients des marques de luxe, produisant en quantités restreintes, avec un objectif de qualité tel que ces clients font presque l’impasse sur le coût et donc le prix final. Ce qui nous amène à la deuxième problématique : le prix. 

Notre volonté est de créer des vêtements durables et éco-responsables tout en restant aussi accessibles que possible pour nos client.e.s. L’équation est très difficile à maîtriser puisque éco-responsabilité rime souvent avec coûteux. A titre d'exemple, le lin est presque dix fois plus cher que le coton. Le lin filé en Europe est quant à lui deux fois plus cher que celui filé en Chine. Ajoutez à cela une production en France environ 2 à 3 fois plus coûteuse qu’au Portugal et vous obtenez des pièces qui sont loin d'être à la portée de toutes les bourses.

Prenons l'exemple d’une pièce vendue 150 euros TTC et produite au Portugal. Si elle était produite en France, avec les mêmes matières, elle coûterait environ 200 euros TTC, soit une augmentation de plus de 30%. Nous entendons tout à fait que certain.e.s client.e.s sont prêts à payer ce supplément pour bénéficier de la production la plus locale possible mais nous ne souhaitons pas mettre de côté les client.e.s qui ne peuvent pas se le permettre (sachant que 150 euros est déjà un budget conséquent pour beaucoup) puisque selon nous, tendre à rendre la mode éco-responsable le plus accessible possible est ce qui permettra de changer les habitudes de consommation à plus grande échelle.

Enfin, la problématique du savoir-faire est réelle : l’industrie française commence à se relancer du fait de la hausse de la demande, mais il faut du temps pour former le personnel nécessaire suite à la délocalisation massive de ces 30 dernières années. La France n'est évidemment pas moins compétente que ses homologues étrangers, mais le savoir-faire s’est raréfié, ce qui ajoute encore plus de complexité dans la recherche d’un partenaire de confiance, abordable et disponible.
 

Portugal : savoir-faire, coûts maîtrisés et énergies renouvelables

Pour nos premières pièces, nous avons fait le choix de faire produire au Portugal où le savoir-faire est excellent et les réglementations locales et européennes strictes, que ce soit en droit du travail mais également en termes de respect de la nature. Le Portugal utilise 25% d’énergies renouvelables et seulement 6% de pétrole pour sa consommation d'énergie, ce qui va dans le sens d’une production éco-responsable. L'atelier avec lequel nous travaillons actuellement utilise des panneaux solaires pour les besoins de la production ! 

D’ailleurs sur le sujet, selon l’UIT, une fabrication totalement chinoise (de la matière première au produit fini) augmenterait de 50% la quantité de CO2 produit par rapport à une fabrication totalement française, du fait notamment des énergies fossiles majoritairement utilisées par la Chine.

Nous n'abandonnons pas le made in France !

Vous l’aurez compris, à notre échelle, nous allons mettre en œuvre différents procédés (matières naturelles, recyclage, sourcing, fabrication locale, etc.) afin de réduire l’impact de nos vêtements sur la planète et les humains mais nous n’abandonnons pas pour autant l’idée de faire fabriquer certaines pièces en France, lorsque cela aura un sens particulier dans notre démarche : un savoir-faire particulier, une production encore plus éco-responsable, une qualité introuvable ailleurs, etc.

D’ailleurs, si vous nous suivez sur Instagram, vous avez dû voir que nous avons visité un atelier français dans l’ouest de la France il y a quelques semaines pour évoquer ensemble un futur produit en laine mérinos recyclée ! 

N'hésitez pas à nous poser vos questions par mails pour continuer à échanger sur ces sujets !

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