Copy

DEMANDEZ LE PROGRAMME


 L'ÉDITO  Radioplayer : les radios françaises à l'assaut de leur indépendance numérique
 
 L'INFO EN 3 CLICS  Nos données personnelles, une obsession vocale et la présidentielle 2022
 
 DANS L'OEIL DES MEDIAS  « La plateformisation de l'audio est un moment charnière. » (Iniz Becker, rédactrice
d'« Hyperradio ») 


 LA GROSSE DATA  Formule 1, en route vers le numérique

 PAR CORRESPONDANCE  InfoAmazonia : le média collaboratif qui met la géographie au service du journalisme

 ET SI ON PARLAIT DE...   Le podcast Sur le fil de l'AFP

Radioplayer :
les radios françaises à l'assaut de leur indépendance numérique
 


Les médias audiovisuels français s’unissent contre les GAFAM. Après la plateforme de streaming Salto pour la TV, les radios privées et publiques débarquent avec l’application Radioplayer.

Leur but ? Garder la main sur leurs contenus, leurs flux et leur data, tout en proposant un outil gratuit et sans pub ajoutée (c’est un gros plus quand même). L’objectif est aussi de proposer une offre alternative et francophone capable à terme de faire de l’ombre au géant des services de radio en ligne américain TuneIn.


Les grands groupes tels que Lagardère News, Radio France, Altice Média, M6, Les Indés Radio ou encore NRJ Group, en plus de 600 webradios font partie de l’aventure. Le projet a été pensé par les radios elles-mêmes (l’union fait la force) mais fabriqué - pour la partie technique - par une plateforme britannique qui l’a déjà déployé dans 14 autres pays.

C’est un nouveau saut dans le numérique et une réponse à un usage qui s'accroît : 15% des auditeurs quotidiens de radio l’écoutent désormais en ligne en plus du boom du podcast qui s’accélère, un format que propose aussi Radioplayer avec déjà plus de 100 000 épisodes disponibles.

Ce projet est en réalité un deuxième essai, qui sera - on l’espère - plus concluant que le premier. En 2014, un projet similaire avait déjà été tenté : Direct Radio, qui avait pour objectif de « défendre le patrimoine radiophonique français ». Aussitôt lancé, aussitôt oublié.

Depuis, de nouvelles habitudes de consommation se sont développées et les technologies qui nous accompagnent tous les jours se sont perfectionnées, comme nous l’explique dans ce numéro 11 de La Média’Tech Iniz Becker, cheffe de projet innovation chez Radio France.

Le gage d’une réussite annoncée ? En attendant, Radioplayer attire déjà des nouveaux membres : Radio Pitchoun, « la radio des enfants que les parents écoutent »,
vient par exemple de rejoindre l’aventure.

Antoine Couillaud

Suivez-nous sur les réseaux sociaux
Facebook
Twitter
Instagram

Pour cette édition, La Média’Tech est allée dénicher trois articles pour nourrir notre réflexion sur les médias et les nouvelles plateformes.

📱 Nos données personnelles sur WhatsApp. Que deviennent-elles ? Que change la mise à jour qui a tant fait parlé au début de l’année ? L’article de la newsletter IA Comprise rassemble tout ce qu’il y a à savoir sur la gestion de nos données personnelles par Facebook et WhatsApp. Il invite notamment à se diriger vers un autre réseau social : Signal.

😍 Les obsessionnels de Clubhouse. The Verge part à leur rencontre dans un « long read » passionnant et cherche à comprendre ce qui rend l’application si addictive mais aussi à mettre en lumière certaines dérives. Pour rappel, Clubhouse permet, sur invitation et sur iPhone uniquement, de créer des rooms (salles virtuelles) d’échanges audio sur divers sujets. Lancée en mars 2020, l’application a dépassé les dix millions de téléchargements.

🇫🇷 Acrimed prépare l’élection présidentielle. Sur son site, l’observatoire des médias - qui fête cette année ses 25 ans - introduit son prochain numéro de Médiacritiques intitulé « Présidentielle : le retour du journalisme hippique ». Ce trimestriel, qui sortira le 26 avril, aborde notamment l’abstentionnisme, le traitement de l’extrême-droite, ou encore la pertinence des sondages.

Thibault Petit

« La plateformisation de l'audio est
un moment charnière
. »

Depuis janvier 2017, la newsletter « Hyperradio » de Radio France recense et analyse les innovations majeures dans le monde de l'audio. Entre boom de l'industrie du son et progressive plateformisation des services d'écoute, Iniz Becker, rédactrice d' « Hyperradio », revient sur les singularités de ce secteur en perpétuelle mutation. 


« HyperRadio » fête ses 4 ans en 2021 ; à l'origine quels étaient les signaux faibles qui vous ont poussé à regarder de très près l'évolution du monde de la radio et de l'audio en général ? 

Les premiers sujets élaborés dans « Hyperradio » étaient l’émergence des podcasts, la question des assistants vocaux et les plateformes AOD (audio à la demande type Spotify, ndlr). L’enjeu était de comprendre l’industrie de l’audio. D’abord, renseigner et interpeller en interne les professionnels du son de Radio France mais aussi se placer dans le secteur comme une newsletter spécialisée dans l’innovation audio. « Hyperradio » réalise aussi bien une veille sur l'actualité des géants du numérique et leurs acquisitions dans le secteur que sur les innovations plus insolites comme le son immersif.


En regardant en arrière, quelle est l'innovation qui selon vous a le plus changé la face du paysage audio ?

Pour moi, c’est le lien avec le ludique et l’univers du jeu, quelque chose qui se veut innovant dans l’audio doit s’approcher de cette industrie-là. Aller voir du côté des jeux de société, du lien avec les assistants vocaux, avec des technologies pour produire des expériences sonores qui permettent d’aller au-delà du simple fait de jouer. Il y a encore beaucoup d’idées à faire émerger.  


Comment expliquez-vous ce succès de l'audio sur la durée, avec d'abord historiquement la radio, puis le podcast, puis les assistants vocaux et bientôt le son tridimensionnel ? Qu'a-t-il de différent ou de plus par rapport aux autres supports ? 

L’intimité des contenus. C’est plus facile de s’identifier à une voix. Sur une image on a beaucoup de codes sociaux alignés. L’audio est aussi un format que l’on peut consommer partout en mobiquité, sur le web, sur une appli... Le son est également moins lourd techniquement pour les créateurs. Concernant les assistants vocaux, il y a le fait d’avoir un compagnon conversationnel. Aux États-Unis, où l’usage de cette technologie est plus populaire, beaucoup de personnes ont noué une vraie relation avec leur assistant vocal. Enfin, reste la question de l’interactivité. Je pense que l’audio interactif ne fonctionne pas beaucoup pour l’instant car il demande trop d’attention aux auditeurs. Cela peut marcher dans des cadres de narration très créative, mais quand c’est uniquement pour se renseigner, c’est plus difficile. Je crois donc au transmédia, créer des espaces d’interaction en passant d’un format et d’un support à l’autre comme le fait très bien la BBC.

 

« L'enjeu est plutôt de concevoir
de nouvelles plateformes
qui sortent du cadre de rétention
des utilisateurs et des abonnés. »

Sur ce marché de plus en plus investi par les marques et les groupes privés - notamment dans les podcasts -, quel rôle les acteurs publics comme Radio France ont-ils à jouer ?

Radio France a tout un département sur la distribution de ses contenus, notamment de ses podcasts, qui a pour mission de nouer des partenariats avec Deezer, Spotify, mais aussi avec des acteurs de l’industrie automobile par exemple. Ces acteurs-là, notamment les constructeurs automobiles, ont compris qu’ils ne pouvaient pas développer une spécialité dans ce domaine tout seul. Or, le service audio est très important quand on achète une voiture aujourd’hui. Alors ils ont arrêté de produire leur propre technologie. Radio France profite donc de son expertise pour conclure des partenariats dans ce domaine qui a de l’avenir avec l’avènement de la voiture autonome. 


Allons-nous de plus en plus vers une plateformisation de l’audio ? Quelle plateforme pourrait tirer son épingle du jeu comme Netflix a pu le faire dans la vidéo ?

Spotify est en tête, avec la musique, les podcasts, les émissions d’infos (comme Sur le fil de l’AFP, dont nous vous parlons à la fin de la newsletter, ndlr)... Je pense que l’utilisation des plateformes est déjà bien ancrée dans les usages. L’enjeu est plutôt de concevoir de nouvelles plateformes qui sortent du cadre de rétention des utilisateurs et des abonnés. On observe par exemple des médias qui utilisent WhatsApp pour envoyer des capsules audio. Quand on voit Amazon Music ou Spotify, il faut d’abord se demander si, quand on est une jeune start-up ou un service spécialisé dans l’audio, on a envie ou besoin de se tourner vers ces acteurs et ces modèles.


Considérez-vous que la période actuelle, poussée par le buzz autour de Clubhouse et les investissements records d’entreprises comme Spotify est unique pour le format audio ? L’audio est-il en train de connaître la révolution qu’a connu la vidéo au moment de l’arrivée des plateformes de streaming ? 

La plateformisation est un moment charnière. Aujourd’hui, on est dépendant des plateformes car toute l’offre y est concentrée. Mais est-ce que tout le monde est prêt à payer un abonnement Spotify par exemple ? L’explosion du podcast me fait dire que oui, même si l’on voit beaucoup d’indépendants proposer d'autres modalités d’écoute. On a vécu un premier tournant de l’industrie audio mais d'autres choses arrivent : les objets connectés liés à la mobilité notamment aux voitures, ce sont des questions très présentes pour les grosses et les petites industries. Le fait de tout commander avec l’audio et par la voix est un peu un rêve qui devient réalité et qui bouscule plusieurs industries à la fois, c’est aussi ce que l’on remarque dans une autre révolution technologique en ce moment, celle de la réalité virtuelle. 
 

Propos recueillis par Théo Mattiolo

InfoAmazonia, le média collaboratif qui met la géographie au service du journalisme 
 

  • Le média web brésilien est spécialisé dans la couverture de la forêt amazonienne. Vidéo, photo, texte et infographies sont mobilisés pour réaliser des longs formats d’enquête. Leur particularité, l’utilisation de cartes interactives. Il n’en fallait pas moins pour raconter l’un des territoires les plus étendus du continent américain avec 7 millions de km2. Les journalistes d’InfoAmazonia parlent d’un « géo-journalisme ».
     

  • La collaboration avant tout. Pour parler d’un territoire qui touche neuf pays différents, c’est essentiel de travailler en équipe. InfoAmazonia fait souvent appel à des journalistes de la région et du monde entier pour réaliser leurs enquêtes. En 2017, ils se sont alliés avec le journal vénézuélien Correo del Caroní, pour enquêter sur les conflits armés au sud du Venezuela, en Amazonie. Le reportage multimédia a remporté plusieurs prix, notamment celui de l’Online News Association.
     

  • En 2020, les deux médias se réunissent pour un nouveau reportage, cette fois, sur la contrebande en forêt amazonienne. Ils sont rejoints par les médias américain The Miami Herald et néerlandais De Correspondent. Leur production a reçu le prix du journalisme latino-américain Gabo en 2020.
     

  • Les reportages d’InfoAmazonia sont chers à produire. Ils voient le jour notamment grâce au soutien financier de plusieurs fondations : la fondation Pulitzer, le Fond néerlandais pour le journalisme et Human Rights Watch.

    Manuela Mancheno 

À vous de choisir !
La prochaine fois, et si on parlait de...


1) Asapp, la future appli de l'information locale. Lancée, pour le moment, à Lyon et Strasbourg.  Cliquez ici (1)


2) Big Bang, le nouveau magazine.  So Press mise sur un nouveau magazine qui explore le monde de demain. Le premier numéro est déjà disponible.  Cliquez ici (2)

3) Le Monde acte son fonds de dotation. Ce type de structure, déjà adoptée par Mediapart et Libération, pérennisera l'indépendance du groupe  Cliquez ici (3)

 

Pour abonner un de tes amis passionné par l'innovation médias
Ça se passe ici
Transférer Transférer
Tweeter Tweeter
Partager Partager
C'était le onzième numéro de La Média'Tech saison 4 !

Toute l'équipe de La Média'Tech vous remercie pour votre fidélité. On se retrouve le 3 mai pour la prochaine édition.


Erratum : dans la précédente édition, nous avions écrit « Jean-Marc Besnard » pour introduire Jean-Pierre Besnard. Merci à ceux qui nous ont fait remonter cette erreur, nos excuses à Jean-Pierre Besnard.
Voir cet e-mail dans votre navigateur
Copyright ©La Média'Tech, tous droits réservés.
 
Antoine Couillaud, Augustin François-Poncet, Manuela Mancheno, Théo Mattiolo, Thibault Petit, Margaux Vulliet. 

Pour nous contacter : lamediatechesj@gmail.com

Vous souhaitez changer la façon dont vous recevez cette newsletter ? Vous pouvez 
mettre à jour vos préférences ou tout simplement vous désinscrire, même si ça nous briserait le cœur.
Voir cet e-mail dans votre navigateur






This email was sent to <<Adresse e-mail>>
why did I get this?    unsubscribe from this list    update subscription preferences
La Média'Tech · 50 rue Gauthier de Chatillon · Lille 59800 · France

Email Marketing Powered by Mailchimp