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Hokusai en repérage (D.R.)

Auditeurs sachant auditer,

                   D’abord des nouvelles, puis des rappels :

Des nouvelles : 

         Le lundi 2 mars, le premier de nos hors-séries consacrés à la capitale et intitulé « Qui gouverne Paris ? » sera enregistré à 19h à l’Auditorium Léonard 6, place du Colonel Bourgoin Paris (12ème) Métro Reuilly-Diderot ou Gare de Lyon.

​La compétition municipale met le projecteur sur les partis et sur leurs hérauts, sur la confrontation des programmes et sur la rivalité des candidats. Mais la ville d’aujourd’hui et, plus encore, celle à venir, se décide-t-elle encore dans les assemblées élues pour l’administrer ? Au cours des dix dernières années, qu’est-ce qui a pesé le plus lourd dans l’évolution de l’accès au logement à Paris ? La politique de l’État, les décisions du Conseil municipal ou le développement d’Airbnb ? Qu’il s’agisse de logement, de transport, de transformation de espaces publics, qui maîtrise quoi ? Quelles régulations sont-elles possibles ? Quelles initiatives peuvent-elles remonter de la population en dehors des périodes où elle est invitée à désigner ses représentants ? Quelles innovations, quels outils nouveaux modifient le gouvernement d’une cité et que peut-on en attendre ?

​​Avec Cécile Maisonneuve (La Fabrique de la cité) Alexandre Mussche (agence de design de politique publique Vraimentvraiment) Marc-Olivier Padis (Fondation Terra nova) Lucile Schmid (Revue Esprit) suivie d’échanges avec la salle.

         Inscription et participation aux frais (10€) ici.

Le deuxième enregistrement hors-série consacré à Paris aura lieu le lundi 9 mars à 19h à l’Auditorium Léonard. Le programme et les participants vous seront indiqués dans une prochaine lettre d’information.

                Des rappels :

- La prochaine émission en public aura lieu le 8 mars à l’École alsacienne et c’est ici qu’il convient de s’inscrire.

- Seule l’association « J’Aime l’info » est habilitée par le ministère des finances à délivrer l’attestation de don qui ouvre droit à abattement d’impôt. Toutes vos contributions au financement du Nouvel Esprit Public, qu’elles viennent par chèque ou par internet, transitent par cette association agréée et c’est elle qui, dans les semaines qui précèdent la date de déclaration des revenus vous adressera le précieux document. J’Aime l’info est gérée par le Syndicat de la Presse Indépendante d’Information en ligne.

 

Le Bloc-notes de cette lettre est assuré par notre amie des premiers jours Roselyne Bachelot, dont le goût et la connaissance de la musique lui valent entre autres une chronique à France Musique et des contributions régulières à Forum Opéra. En cette période de récompenses cinématographiques, elle nous propose de (re)découvrir un compositeur qui brilla à Hollywood comme à Salzbourg et une œuvre « qui jette les derniers feux du romantisme viennois », et elle nous en offre un duo.

LES BRÈVES DE DIMANCHE DERNIER

Philippe Meyer


Moscou Au cœur de la création contemporaine 
 

Je signale la publication aux ateliers Henry Dougier des éditions Payot d’un ouvrage consacré à Moscou par un journaliste français, Étienne Bouche. Il y est question de la création contemporaine dans plusieurs domaines. Il comprend des entretiens avec des artistes, musiciens, metteurs en scène ou photographes, ainsi qu’un guide des lieux de la création contemporaine dans la capitale russe.


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Béatrice Giblin


Nous autres réfugiés 

Je vous recommanderai ce  tout petit livre d’Hannah Arendt. C’est un très beau texte, dont je vous cite cette phrase : « les « réfugiés » sont désormais ceux d’entre nous qui ont connu un malheur et ont dû émigrer, sans ressources, dans un autre pays et trouver de l’aide auprès de comités de réfugiés. Nous avons perdu notre foyer, c’est-à-dire la familiarité de notre vie quotidienne, nous avons perdu notre travail, c’est-à-dire l’assurance d’être de quelque utilité en ce monde, nous avons perdu notre langue, c’est-à-dire le naturel de nos réactions, la simplicité de nos gestes, l’expression spontanée de nos sentiments. Nous avons abandonné nos parents et nos meilleurs amis ont péri, ce qui signifie que notre vie privée a été brisée. » Qu’on s’en souvienne vis-à-vis des réfugiés qu’on a du mal à accueillir.

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Sylvie Bermann
 

Le manchot magnifique

Si on veut s’intéresser à la Russie pendant les prémisses de la révolution, je recommande le livre de Guillemette de Sairigné. C’est l’histoire de Zinovi Pechkoff, fils adoptif de Gorki, né à Nijni-Novgorod, et qui montre bien d’ailleurs que Gorki n’est pas seulement celui qui a collaboré avec le régime (qu’on accuse parfois de lâcheté), mais aussi quelqu’un qui défendait les Juifs, et les révolutionnaires. En 1914, Pechkoff a voulu s’engager dans la Légion étrangère, où il a combattu. Il est devenu général, et même ambassadeur du général de Gaulle auprès de Tchang Kaï-Chek. C’est une vie extraordinaire, et une histoire passionnante qui couvre tous les continents.

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Richard Werly
 

Hiver 1814

Nous évoquions Napoléon dans l’émission, on peut le retrouver dans cet Hiver 1814 que lui a consacré Michel Bernard aux éditions Acte Sud. C’est un livre d’Histoire, mais surtout un récit quasi journalistique de ces dernières semaines de bataille où Napoléon croit la victoire absolument possible, contre l’avis de tous ses maréchaux.

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Jean-Louis Bourlanges 

 

L’alerte démocratique 

Je profite du fait que nous venons de faire une émission sans Nicolas Baverez pour recommander son dernier livre. C’est une analyse de la crise des valeurs que nous vivons. Il y analyse très bien les rapports avec les années 1930, les différences, la montée du populisme, et propose des solutions, qui sont classiques. Mais deux choses me paraissent importantes : d’abord il sonne le tocsin, et nous fait comprendre que le populisme n’est pas qu’une protestation lointaine mais une menace réelle et très présente. Ensuite, il insiste sur quelque chose qui me paraît très vrai, à savoir que le fond de l’affaire est le ressort moral. Il cite Périclès : « se reposer ou être libre, il faut choisir ». J’ai l’impression que le repos est une tentation forte. Nicolas Baverez place tout son livre sous le patronage de Ionesco et du monologue final de Rhinocéros, dans lequel Bérenger finit par déclarer : « je suis le dernier homme ».

 

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BLOC-NOTES
Chronique de Roselyne Bachelot

​​​​UN COMPOSITEUR D’OPÉRA AVEC DEUX OSCARS 

C’est une question qu’on aurait naguère appelée « à 64.000 dollars » : quel compositeur d’opéra a-t-il été deux fois oscarisé à Hollywood ?  Un indice ? Il a été récompensé pour la musique d’Anthony Adverse de Mervyn LeRoy en 1937 et en 1939, pour celle des Aventures de Robin des Bois, de Michael Curtiz ! Sur la scène lyrique, il a signé la partition de La Ville morte, que l’on a pu entendre récemment à l’antenne de France Musique.

          Erich Wolfgang Korngold, juif autrichien, né à Brno en Moravie en 1897, installé à Vienne par la suite, est contraint de quitter l’Europe en 1934 pour échapper aux persécutions nazies. A Hollywood, il commence une carrière de compositeur de musiques de films pour la Warner Bros et adopte par la suite la nationalité américaine. Mais, s’il est passé à la postérité, c’est pour son œuvre classique et tout particulièrement pour cet opéra Die tote Stadt créée le 4 décembre 1920 à la fois à Hambourg, sous sa propre direction, et à Cologne sous celle de Klemperer. Nous entrons donc dans l’année du centenaire de cet opéra magistral qui jette les derniers feux du romantisme viennois.

              Korngold a 23 ans quand le public découvre La Ville morte. Il est déjà célèbre : il fut un enfant prodige, interprète et compositeur. Il compose des mélodies alors qu’il n’a que 6 ans, un ballet à 12 ans,créé à l’Opéra de Vienne pour l’anniversaire de l’empereur François-Joseph. Mahler à qui on le présente alors qu’il a 9 ans s’exclame qu’il est un génie, Richard Strauss est médusé, Jean Sibelius le qualifie de « jeune aigle », Puccini déclare qu’il pourrait donner la moitié de son talent et qu’il en aurait encore assez ! Il n’est encore qu’un enfant et prend des cours de contrepoint avec Hermann Graedener. Apprenant cela, son ancien maitre Zemensky lui envoie une carte postale : « Cher Erich, j’apprends que vous prenez des cours avec Graedener. Fait-il des progrès ? ». C’est dans ce contexte que Die tote Stadt va rencontrer un énorme succès et devenir un des opéras les plus joués des années 20 et l’une des œuvres données lors de la création du Festival de Salzbourg en 1922.

           L’argument est tiré du livre Bruges-la-Morte de Georges Rodenbach, œuvre onirique et brumeuse où la réalité se mêle aux cauchemars et aux souvenirs. Paul ne se remet pas de la mort de son épouse Marie. Ses amis Franck et Brigitta tentent sans succès de le sortir de cette obsession. Il croit retrouver sa femme réincarnée dans une danseuse Marietta, mais l’obsession devient un cauchemar morbide. Il va finir par comprendre qu’il doit quitter la ville morte s’il veut se reconstruire. 

France Musique a donné Die tote Stadt dans une production de l’Opéra de Munich et une mise en scène de Simon Stone. La baguette magique est celle de Kirill Petrenko à la tête de l’Opéra de Bavière, les chœurs sont préparés par Stellario Fagone, la distribution est superlative et dans le rôle de Paul, Jonas Kaufmann. C’est une prise de rôle éblouissante. Une certaine dureté de la voix peut surprendre au début, mais elle est liée à la conception du personnage. On retrouve la brillance, la luxuriance, la couleur, la diction impeccable, l’onctuosité du velours vocal de Jonas dans les monologues élégiaques si éprouvants pour tant d’artistes et dans ce tube absolu de la Ville Morte Glück das mir verblieb, Joie qui fut près de moi, où Jonas Kaufmann a pour partenaire Julia Kleiter…

ÉCOUTER L’ÉMISSION COMPLÈTE DE FRANCE MUSIQUE
(dans la colonne de droite, dans « les plus consultés », le numéro 4)

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