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Bons Plants
Bonjour à toutes et tous,

Et bienvenue, d’abord, à nos nouveaux abonnés. Pour ce cinquième numéro de Bons Plants, nous nous rendons sur un toit-terrasse parisien transformé en temple du rucher naturel. Comme toujours, le podcast et la newsletter sont réalisés et écrits par Thibaut Schepman, journaliste et jardinier en ville. 

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AUX ORIGINES DU MIEL
Abeille
Parfois, la biodiversité se mesure avec le palais, et c’est très agréable. Il faut plusieurs millions de trajets aux abeilles d’une ruche pour transporter le pollen dont elles feront l’équivalent d’un petit pot de miel. Plus ces insectes vivent dans un écosystème riche et varié, plus ils rencontreront de fleurs et plus le goût de leur production sera fin et intéressant. Encore faut-il avoir accès à ce nectar, qui n’a pas toujours été récolté dans des ruches rectangles et facilement accessibles.
Les premières traces de consommation de miel datent d’il y a 40 000 ans, bien avant les débuts de l’agriculture donc. Les chasseurs-cueilleurs devaient alors grimper aux arbres, escalader des falaises ou encore fouiller dans des grottes pour dérober le miel et la cire des abeilles sauvages.
Aujourd’hui, quelques poignées d’hommes font perdurer ces techniques à travers le monde. Le photographe Éric Tourneret leur a consacré une bonne partie de son livre et de son exposition « Les routes du miel ». On y apprend que les cueilleurs de miel sont capables de suivre des essaims à l’oreille ou de monter à des arbres immenses pour plonger la main dans une ruche tout en tenant un fagot enflammé, leur seule protection. Au Cameroun, pour trouver les ruches, certains chasseurs ont appris à coopérer avec un oiseau sauvage appelé « Grand indicateur ». L’oiseau alerte à grands cris les hommes lorsqu’il trouve un nid d’abeille. Les chasseurs le suivent, enfument les abeilles, prennent le miel et lui laissent une partie du butin mais aussi de la cire qu’il pourra déguster.
En dehors de ces exemples, que nous reste-t-il de la longue histoire commune aux hommes et aux abeilles ? Aujourd’hui, les abeilles à miel sont en grave danger, comme l’ensemble des abeilles et comme l’ensemble des pollinisateurs.
Près d’un tiers des abeilles domestiquées meurent chaque année dans les ruches, contre à peine 5% il y a quelques années. La France produit moins de 10 000 tonnes de miel par an, soit trois fois moins qu’en 1995. Une grande partie de notre miel est désormais importé de l’étranger, avec malheureusement beaucoup de fraudes, notamment des ajouts de sirop de sucre. Face au manque de pollinisateurs, des agriculteurs louent les ruches à des apiculteurs pendant les périodes de floraison.

Le sort de ces insectes nourrit bien des fantasmes d’auteurs. Ainsi, dans son roman « Génération A », Douglas Coupland imagine un monde dans lequel les abeilles ont disparu et où la pollinisation devient impossible naturellement. Et pourtant, cinq personnes vont être piquées en même temps par des abeilles à différents endroits du globe. On vous laisse lire et découvrir le pourquoi. Dans l’épisode final de la saison 3 de « Black Mirror », les mini-drones pollinisateurs chargés de remplacer les abeilles, là aussi disparues, sont transformés en robots tueurs. Glaçant.

Mais revenons au réel. En France, aujourd’hui, quelques initiés produisent du miel de manière naturelle. Ils cherchent à intervenir le moins possible sur leurs ruches, notamment en laissant les abeilles construire elles-mêmes leurs cires et rayons, comme dans un tronc d’arbre. Diane Jos pratique cette apiculture douce sur son toit parisien depuis une vingtaine d’années. C’est elle que vous entendrez dans l’épisode 5 de Bons Plants.
LE PODCAST
A Paris, Diane cueille et élève des abeilles au naturel
Depuis 20 ans, Diane a transformé le toit de son appartement en un véritable écosystème. Les reines de cet endroit sont des abeilles que Diane capture quand elles tentent d’essaimer dans Paris. L’apicultrice les laisse s’installer dans des ruches naturelles, dites ruches Warré et ruches Top Bar Hive ou Kenyanes.
ÉCOUTEZ L’ÉPISODE N°5
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A ÉCOUTER
On ne recommande jamais assez d’écouter Jean-Claude Ameisen. Il y a quelques mois, le biologiste nous parlait, dans son émission Sur les épaules de Darwin, de la longue histoire commune des hommes et des abeilles. Tout commence avec un bas relief vieux de 4 500 ans retrouvé dans un temple en Egypte et montrant ce qui ressemble aux débuts de l’apiculture. Puis Ameisen cite longuement le livre d’Éric Tourneret et les exploits des cueilleurs de miel contemporains.
LA VIDÉO
Immersion avec les cueilleurs de miel
Le photographe Renan Ozturk a réalisé pour le magazine National Geographic un long reportage sur des cueilleurs de miel au Népal. Ils ont produit à cette occasion cette courte vidéo où l’on voit des chasseurs œuvrer en haute altitude, se faire piquer par des abeilles et se soigner en appliquant simplement du miel sur leurs plaies. On vous invite d’ailleurs à comparer le niveau de protection des locaux et celui de l’équipe de tournage. Pour une immersion complète dans cette expérience complètement folle, un making-of en 360° est disponible par ici.
MAIS AUSSI
La danse des abeilles est-elle un langage ?
Depuis des dizaines de millions d’années, l’abeille a coévolué avec les plantes à fleurs dans une relation de symbiose. En récoltant leur pollen, les abeilles pollinisent les fleurs et leur permettent de se reproduire. L’une des clés de ce système, c’est la communication entre les insectes. Depuis les travaux de l’éthologue Karl von Frisch, on sait que les abeilles parviennent à se transmettre des informations très précises sur les zones de butinage. Elles communiquent en fait en dansant en cercle sur les rayons. Plus le cercle est grand, plus le spot désigné est loin. Quand leur danse devient frétillante, c’est qu’elles indiquent la direction par rapport au soleil de la zone à explorer. Ce qui nécessitera pour l’abeille qui reçoit l’information de tenir compte de l’heure - et donc de la variation de la position du soleil - au moment où elle partira butiner sur le spot conseillé. On peut voir un exemple de cette danse sur cette vidéo. Cette danse est-elle un langage ? Si on applique point par point les critères de définition d’un langage retenus par Benveniste, la réponse est plutôt non. Mais des découvertes récentes montrent des nuances très fines dans ce moyen de communication, notamment des accents régionaux.
LE CONSEIL
Faites-le vous-même !
Si comme nous, vous avez vibré en entendant Diane expliquer qu’on peut installer une ruche naturelle sur un simple petit bout de balcon, voici quelques références à consulter. D’abord son livre L'apiculture naturelle pour les débutants (Ulmer Eds, 2017). Puis cette vidéo très complète qui vous explique comment construire cette ruche à très peu de frais.
MAIS QU'EST-CE QUE C'EST ?
Les indices sont dans l’épisode 5 de Bons Plants.
Une ruche Warré
Une ruche Kenyane
Une ruche Yolo
La réponse est sur notre page Facebook et en bas de cette newsletter.
L'ACTU
« Certains pourraient penser que dans un monde qui fait face à tant de défis complexes et mondiaux (sécurité alimentaire, crime organisé, résistance aux antibiotiques, développement durable, etc.), le sort de quelques arbres dans une ville industrielle du nord de l'Angleterre ne vaut guère l'équivalent politique d'un sourcil levé. Ils auraient tort. » Dans cet article, le professeur de sciences politiques Matthew Flinders analyse, de manière passionnante, l’abattage d’arbres par une entreprise privée ayant obtenu le contrat d’entretien de l’espace public. Ces arbres ont fait naître un mouvement massif de réflexion populaire sur le politique et la démocratie dans cette ville.

« L’agronome globe-trotteur » Marc Dufumier déconstruit le thiéboudiène, plat national sénégalais hérité de la colonisation et de la substitution de céréales traditionnelles par une céréale importée : le riz. Avec cette conclusion : « Cela n’enlève rien au fait que j’ai énormément mangé ce plat là-bas et m’en suis toujours régalé. Cela montre tout de même à quel point l’alimentation des peuples est souvent orientée par des intérêts qui les desservent, et qu’ils ignorent. Il faut parfois savoir déconstruire ces mythes…»

Les affaires de vol de ruches et d’abeilles se multiplient. Le Télégramme a enquêté.
L’AGENDA
Le week-end du 14 au 15 avril
La fête des plantes au Château de La Ferté (71), la fête des plantes rares et jardin naturel à Sérignan du Comtat (84), la fête des plantes à Locmariaquer (56) et la fête des plantes à St Nicolas d'Aliermont (76).
Le week-end du 21 au 22 avril
La fête des plantes de l'Asphodèle à La Roche-sur-Yon (85), la fête des jardins à la flamande au château d'Esquelbecq (59), la fête des jardins au château de Pommorio à Tréveneuc (22), la fête des plantes au Lac d'Aiguebelette à Lépin le Lac (73).
Participez.
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La réponse correcte au quiz est : Une ruche Warré

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